Ça y est, j’ai pris ma décision. On dit que la nuit porte conseil… c’est tellement vrai !

Ça fait quelques temps, déjà que je suis mal à l’aise.

La fin de mon BTS (mon objectif depuis deux ans) me travaille pas mal, mine de rien. Avec une question qui me taraude : que vais-je faire, après ?

Pour un.e étudiant.e normal.e, la réponse est simple : « je vais trouver du travail ». Sauf qu’ici, rien n’est « normal ». Mon état de santé ne s’est pas vraiment amélioré, ces deux dernières années.

C’était mon deuxième objectif : être en pleine forme, autant que faire se peut, à la fin de mes deux années d’étude.

Et j’y suis arrivée, dans une certaine mesure. Le fait de travailler à la maison, à mon rythme, m’a permis de me construire une qualité de vie incroyable.
Il y a toujours des hauts et des bas, je ne suis pas toujours capable de sortir… mais il y a des moments (comme hier, par exemple), où ma tête va tellement bien que mon corps la ferme. Et c’est génial, j’aimerais tellement être comme ça tout le temps ! (Ou du moins, plusieurs fois par jour/semaine)

Sauf que ces courtes montées d’énergie où je n’ai pas (trop) mal sont souvent suivies de longues heures douloureuses.

Et sincèrement, après deux années passées à me construire une hygiène de vie plus saine, c’est un peu décevant de ne toujours pas pouvoir aller dehors, faire des activités à l’extérieur pendant plusieurs heures, sans être très très douloureuse, raide et fatiguée… malgré le fait que je sois « défoncée » aux opiacés.

Du coup, est revenue une grande question : comment vais-je faire, si je n’en suis pas capable ?

Cette interrogation sur mes capacités revient souvent. Sûrement parce que, comme pour tout deuil, je passe d’une phase à l’autre, de la colère à la tristesse, pour revenir à l’acceptation ; quand il s’agit de ce que je peux ou non faire, comparé à ma « vie d’avant ».

Suffit qu’une idée me traverse l’esprit (ici, elle m’est venue pendant mon voyage à M.), pour remettre en cause ce deuil de ma vie d’avant.

Je sais pourtant ce que je veux faire, exactement, après l’obtention de mon BTS. Je sais ce qui me conviendra le mieux d’un point de vue de ma santé et de mes aspirations. Mais il m’arrive de vouloir accéder à autre chose, de vouloir tester d’autres choses pour évoluer autrement (d’un niveau plus personnel).

C’est ce qui m’a travaillée, ces deux derniers jours.

Laissez-moi vous donner le contexte : je vis dans une ville magnifique et très inspirante que j’aime énormément. Mon appartement est génial et, malgré quelques soucis techniques, je m’y sens bien.

Sauf que… depuis à peu près un an (depuis le premier confinement, je crois), il y a de drôles de personnes qui traînent dans mon quartier. Ils passent leur temps à brailler sous mes fenêtres, dès 18:30-19:00 (et les nuits, du coup).

Sans compter les mecs bourrés/défoncés qui traînent dans les parcs où je promène mes chiens. Je me lève super tôt pour éviter de rencontrer d’autres chiens (dont Oliver et Myrtille ont peur, depuis qu’on s’est fait attaquer, il y a trois ans), du coup il arrive souvent que je tombe sur des gens chelous. Franchement, je ne me sens plus trop en sécurité.

Le fait de ne plus beaucoup dormir n’aide pas non plus.

Mes voisins du dessus se prennent pour des hamsters 🐹. Je ne les entends pratiquement pas la journée, mais la nuit…

Du coup, ça fait quelques temps que je me dis que je vais peut-être déménager. Pour me trouver un appartement ou une petite maison dans un lieu plus sécurisé, éventuellement avec une petite cour etc…

Sauf que je ne suis pas véhiculée. Et que je ne sais pas trop à quoi vont ressembler mes finances, dans quelques semaines (surtout si je ne parviens toujours pas à sortir sans prendre une tonne de médocs (lesquels, c’est le pire, ne m’empêchent pas d’avoir mal)).

Pour en rajouter à mon état émotionnel bizarre du moment, j’ai très récemment vécu une petite déception sentimentale/amicale (mais c’était nécessaire. Au bout de cinq ans, il était peut-être temps que je me rende compte de ce que je mérite etc). Ce qui a renforcé mon envie de partir, de tout plaquer haha

Ça m’a particulièrement travaillée cette nuit, tout ça, pendant que mes voisins déplaçaient des meubles et que des gens faisaient la teuf sur le trottoir d’en face 😂

J’ai cherché un appartement dans le coin… J’ai regardé les offres d’emploi… dans ma ville et dans celle de M.

J’ai enregistré pas mal de trucs, en me demandant comment je ferais pour tenir sur un 35h etc… au final, je suis enfin parvenu à m’endormir.

Et quand j’ai ouvert les yeux, ce matin… je me sentais enfin sereine. Je savais ce que j’avais à faire.

Je vais m’accorder 18 mois. Dix-huit mois durant lesquels je vais m’entraîner à sortir, de plus en plus longtemps, chaque jour. Et surtout, dix-huit mois durant lesquels je vais écrire tous les livres que j’ai en tête, depuis toutes ces années.

Une fois que j’aurai sorti tout ce que j’ai au fond de mes tripes, je pense que je me sentirai prête à passer à autre chose, sans regret. Et j’aurai réalisé une grande partie de mon rêve d’enfant.

Et qui sait ? Pendant ces dix-huit mois, les choses s’arrangeront peut-être, pour mon logement etc.

Et pour pallier à mon besoin de changement, je vais voir pour changer mes meubles de place, et je vais faire un tri énorme dans mes affaires, pour me débarrasser de tout ce dont je n’ai plus besoin, une fois mon BTS en poche.

Ah et je vais investir dans plein de tissus pour que les sons résonnent moins dans l’appartement 😂

Et voilà ! De votre côté, comment ça se passe ? Avez-vous trouvé/trouvez-vous votre voie ?